Mauritanie: plus de 100 disparus après le naufrage d’une pirogue

En 2022, plus de 2 400 migrants ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditerranée et l’Atlantique, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le dernier chavirement au large de la Mauritanie a probablement causé plus de 100 morts, selon Banjul.
Un pirogue transportant environ 150 migrants irréguliers, en grande majorité des ressortissants gambien et sénégalais, a fait naufrage dans la nuit du 27 août au large de Lemhaisrat, à environ 117 km de Nouakchott, entraînant la mort probable de plus de 100 personnes, a annoncé vendredi le ministère gambien des Affaires étrangères.
Selon l’ambassade de Gambie à Nouakchott, 16 personnes ont survécu, dont cinq Gambiens. Dix-neuf corps ont été récupérés le 27 août, suivis de 51 autres retrouvés échoués le long du littoral le 28 août, portant le bilan officiel à 70 victimes identifiées.
Les autorités mauritaniennes et l’ambassade gambienne ont procédé à des enterrements rapides en présence de la gendarmerie, de la police, des sapeurs-pompiers, de la Croix-Rouge et de professionnels de santé.
Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs dépouilles échouées sur le rivage, confirmant l’ampleur de la tragédie.
Par ailleurs, un second bateau, en provenance présumée de Ndar au Sénégal, a été intercepté par les autorités mauritaniennes. Tous ses passagers ont survécu, dont cinq Gambiens, portant à dix le nombre de ressortissants gambien pris en charge par les autorités locales. L’ambassade gambienne dit travailler avec la Mauritanie et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour assurer leur sécurité et leur retour.
Le ministère gambien exhorte ses citoyens, notamment les jeunes, à éviter ces voyages périlleux, et annonce le renforcement des campagnes de sensibilisation sur les risques liés à l’immigration irrégulière.
Cet accident s’inscrit dans une recrudescence des traversées périlleuses vers l’Europe par l’Atlantique et la Méditerranée. Quelques jours auparavant, près de 200 migrants avaient tenté d’atteindre l’enclave espagnole de Ceuta à la nage depuis le Maroc, parmi eux des femmes, des enfants et des personnes handicapées.
Les organisations humanitaires alertent régulièrement sur ces itinéraires de plus en plus dangereux, conséquence directe du durcissement des contrôles migratoires et de l’absence de voies légales d’accès à l’Europe. Ce nouveau naufrage rappelle l’extrême vulnérabilité des candidats à l’exil, prêts à risquer leur vie pour franchir la frontière maritime européenne.