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« Essada Echos » fête son 100ème numéro : Le pari de la régularité gagné

L’Hebdomadaire « Essada Echos » lancé il un peu plus d’un an fête son 100ème numéro. Lancé dans un contexte difficile marqué par un recul sans précédent de la presse écrite comme partout ailleurs et particulièrement en Mauritanie, ce nouveau né du groupe de presse « ESSADA » a réussi à relever le défi de la régularité s’adjugeant même la première place cette année comme le journal le plus régulier de Mauritanie.

Ainsi selon le classement de l’Imprimerie Nationale, le journal Essada Echos caracole loin en tête devant tous les autres titres de la presse nationale.

Grâce à cette régularité et à l’effort fourni par son équipe rédactionnelle, ce journal d’informations générales et d’analyses poursuit son bonhomme de chemin et est en passe de se faire une place dans un paysage médiatique qui traverse une véritable léthargie.

Dans notre vie de tous les jours, l’information joue un rôle marquant et crucial, que ce soit par le biais de la télévision, de la presse ou d’Internet, tout le monde ou presque se tient au courant de l’actualité tant locale que nationale que mondiale.

Aujourd’hui en Mauritanie comme ailleurs, la presse écrite est durement touchée par une crise sans précédent, qui est aggravée par la crise économique.

Cette crise est due à de nombreux facteurs, c’est aussi bien l’arrivée et la percée sur le marché la généralisation d’intérêt et les réseaux sociaux.

En principe, pour équilibrer ses comptes, une entreprise de presse recourt essentiellement à deux types de ressources : les recettes de ventes (55 à 70 % du total), les recettes de publicité (30 à 45 %). Lorsque les recettes de publicité diminuent, le prix de vente du journal augmente. Si la progression du prix est jugée trop forte en Ouguiya, le lecteur se tourne vers d’autres moyens d’information qui sont ou qui lui paraissent moins coûteux internet watsap et autres. 

C’est le cas actuellement. La part de la presse quotidienne dans les recettes publicitaires a diminué. Parallèlement, le prix moyen des journaux sur la même période est passé de 100 à 200 UM soit une augmentation de 50 %. Dans le même temps, la diffusion de la presse quotidienne à baisser ces dernières du fait entre autres des déboires de l’imprimerie nationale qui se débat dans les problèmes.

Et il se trouve que c’est au niveau de cette imprimerie que la quasi-totalité des journaux mauritaniens sont imprimés.

De ce fait la presse mauritanienne a de grands défis à relever. Au total, les recettes des journaux se trouvent gravement amputées. Elles ne permettent plus à certains journaux d’investir pour adapter ou moderniser leurs moyens de production. Se sentant menacés dans leur avenir, certains propriétaires de journaux ont jeté l’éponge et veulent même vendre leurs titres à d’autres qu’ils pensent susceptibles d’investir pour redresser la situation.

Par ailleurs, de nouveaux moyens d’information ont surgi et se développent. La télévision a vu se multiplier le nombre de postes (il y a maintenant, très souvent, plusieurs postes de télévision par foyer). En outre, le nombre de chaînes s’est considérablement multiplié et l’on peut accéder à pratiquement toutes les chaînes du monde grâce aux satellites.

Internet se développe très rapidement et le nombre de ses utilisateurs, qui atteint des milliers, voir millions aujourd’hui, a augmenté de 50 % au cours de ces trois dernières années. Ces concurrents prennent évidemment du temps aux lecteurs éventuels. Ils paraissent parfois plus faciles d’accès.

Le problème est donc difficile à résoudre, surtout lorsque les recettes faiblissent. Voilà qui explique les tensions ressenties dans cette profession qui se trouve fragilisée en Mauritanie comme d’ailleurs en Europe. La Mauritanie n’échappe pas à ce phénomène ni en ce qui concerne la presse nationale. Si la presse veut survivre, il lui faudra se moderniser tout en diminuant ses coûts et en améliorant les services qu’elle doit rendre au public et à notre démocratie.

C’est donc dans ce contexte difficile que le journal « Essada Echos » doit survivre et tenter de se frayer un passage et une place qu’il commence à conquérir lentement mais sûrement.

Bakari Gueye

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