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Revue de presse Afrique | À la Une : l’exception mauritanienne

RFI Afrique – Un cas à part au Sahel : la Mauritanie « n’a pas connu d’attentat depuis 2011 et son désert est devenu l’un des espaces les plus sécurisés du monde. »

C’est ce que souligne Le Point Afrique. « La Mauritanie est un pays à part, précise-t-il, qui se dit oublié sur la scène internationale, un pays qui prend à bras le corps des défis importants en matière d’éducation, de santé ou de terrorisme.

Tous sont loin d’être relevés : la situation s’aggrave en matière de pauvreté, l’éducation n’est plus prioritaire, et le Covid a dégradé une situation sanitaire déjà alarmante. Mais ce petit pays discret a en revanche réussi une prouesse (donc) : celle de créer un rempart contre le terrorisme. »

Une armée équipée, motivée et renseignée…

Alors pourquoi et comment ? Le Point Afrique souligne l’action de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir entre 2009 et 2019. Au début de son mandat, cet ancien général décide d’investir massivement dans la Défense, « sûrement au détriment d’autres budgets essentiels. Mais la menace est trop forte (…). Sa stratégie est claire et limpide : l’armée doit devenir plus attractive que les groupes jihadistes. Première brique déployée : augmenter les budgets, et notamment les salaires des militaires pour rendre le métier plus attrayant. Ainsi, le budget de la défense est-il multiplié par quatre en dix ans, ce qui est considérable dans un pays où six personnes sur dix, selon l’Unicef, restent en situation de pauvreté. »

Autre facteur important, précise encore Le Point Afrique : « un renseignement de qualité jusque dans les zones les plus reculées. La création d’unités méharistes de groupements nomades en fait partie. Sortes de gardiens du désert, ces militaires, vêtus en civil, se déplacent discrètement, uniquement à dos de dromadaire, ce qui leur offre la possibilité de quadriller des régions ultra-enclavées. (…) Une façon de traquer les jihadistes par le renseignement dans ces régions reculées et d’éviter la moindre infiltration dans la population mauritanienne. »

Enfin, relève encore Le Point Afrique, « la Mauritanie a sensibilisé l’ensemble de la population avec des campagnes au risque terroriste à la télévision ou à la radio. »

Niger-Burkina Faso : divergences…

La Mauritanie fait donc figure d’exception dans une région gangrénée par le terrorisme islamiste. Le Mali, le Burkina Faso, ou encore le Niger sont frappés de plein fouet. Et les stratégies sont différentes… Dans un entretien à Jeune Afrique samedi, le président nigérien Mohammed Bazoum ne ménage pas ses critiques à l’encontre de ses voisins, notamment le Burkina Faso, qui a créé les VDP, les volontaires pour la défense de la Patrie, ces civils auxquels on a donné des armes. « Distribuer des armes à des civils est une erreur tragique, affirme Mohammed Bazoum, qui expose à deux types de risques : celui d’en faire des proies faciles pour les terroristes, de la chair à canon en quelque sorte, et celui de voir se multiplier les abus et exactions, car nul ne contrôle la moralité et le comportement de gens recrutés à la hâte et lâchés dans la nature. C’est hélas exactement ce qui se passe. »

Réaction immédiate des autorités burkinabé, réaction rapportée notamment par le site LeFaso.net : « contrairement au président nigérien, toute la dynamique de la Transition est fondée sur notre conviction intime et profonde que nos vaillantes Forces de défense et de sécurité, et que nos vaillants Volontaires pour la défense de la patrie vont relever le défi. (…) Visiblement, affirment encore les autorités burkinabé, le président nigérien a fait l’option de confier son pays et le destin de son combat engagé à des pays étrangers. »

Sénégal : Sonko évacué à Dakar

Enfin au Sénégal, la marche vers Dakar de l’opposant Ousmane Sonko et de ses partisans a tourné court hier.

« La caravane de la liberté a été freinée par la gendarmerie nationale à hauteur de Koungheul, précise Le Quotidien. Sur instructions des autorités, elle a intercepté Ousmane Sonko et a procédé à son évacuation à Dakar. Et le Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale l’a ramené dans la soirée chez lui à la Cité Keur Gorgui. » Pour les autorités pointe Le Soleil, il ne s’agit en aucun cas d’une arrestation. Mais d’une mesure de sécurité. « Rappelons qu’une personne est décédée, samedi, à Kolda, précise le quotidien dakarois, alors que la Caravane de la Liberté, initiée par Ousmane Sonko, était de passage dans la capitale du Fouladou. »

Par : Frédéric Couteau

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