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Passif humanitaire : Un officier pointé du doigt rompt le silence

La question du passif humanitaire est une fois de plus revenue en force au-devant de la scène, comme chaque année à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance nationale.

Depuis quelques semaines les débats vont bon train dans les médias et sur les réseaux sociaux ; des débats alimentés par une nouvelle initiative des autorités visant à clore cet épineux dossier qui ternit gravement l’image du pays.

Face aux deux camps, celui des partisans d’un négationnisme béat et des adeptes d’un jusqu’au-boutisme irréfléchi, l’Etat n’arrive toujours pas, malgré plusieurs tentatives à régler ce problème dont les victimes collatérales refusent de lâcher prise.

L’amalgame autour de cette question est tel qu’il est pratiquement impossible de faire la part des choses sans une implication directe de l’Etat et peut-être même la déclassification de rapports top secrets.

En attendant les commentaires vont bon train et chacun y va de son analyse. Et tout y passe comme la sortie de ce journaliste qui nie catégoriquement le volet le plus grave de ce dossier lié à la mort de 28 militaires la veille du 28 novembre 1990.

A son tour, un officier qui fut au cœur de ces événements de la période d’exception a au cours d’une récente sortie médiatique sur les réseaux sociaux, balayé d’un revers de la main les graves accusations qui lui sont reprochés par des témoins dont certains sont encore vivants.

Il s’agit du lieutenant-colonel Sidi Mohamed Ould Vaïda qui a dirigé le fameux corps des fusiliers marins déployés dans la vallée à l’époque des événements incriminés.

Dans son intervention, Ould Vaida a servi au public une version des faits qui le blanchit totalement, affirmant qu’il n’a jamais fait mal à une mouche.

Qui croire ? On ne peut pas bien sûr être juge et partie.  Et seule une enquête sérieuse diligentée par les autorités pourrait permettre de faire éclore la vérité sur ces graves événements qui ont touché beaucoup de familles.

Et il y aura bien sur un prix à payer qui serait peut-être lourd de conséquences pour certains responsables impliqués dans ces événements mais c’est le prix à payer pour solder définitivement ce dossier qui plombe l’unité nationale et la cohésion sociale et expose le pays continuellement à la merci des tirs groupés des organisations de défense des Droits de l’Homme.

La Mauritanie se retrouve ainsi, malgré les efforts pour soigner son image, régulièrement en bonne place du hit parade des pays pointés du doigt pour déficit de respect des Droits de l’homme.

De ce fait, ce dossier mérite d’être définitivement réglé et bien réglé ; quitte à le faire par le biais d’un règlement à l’amiable mais avec l’accord de tous les ayant droits ou à travers un processus en bonne et due forme de justice transitionnelle.

Et mieux vaut sacrifier un groupe de citoyens responsables de graves manquements à la dignité humaine que de sacrifier tout en pays en le maintenant en otage, à travers un problème qui peut être réglé et doit être réglé.

Les autorités doivent tirer les leçons des expériences passées, éviter la politique de l’Autruche et cesser de distribuer l’argent du contribuable à des personnes qui ne représentent pas les victimes.

Et dans ce cadre l’initiative en cours pour le règlement de ce dossier doit être bloquée et les milliards prévus à cet effet avec, afin de répartir sur de bonnes bases.

Et ce dossier devrait figurer en tête des problématiques qui seront discutées au cours du dialogue national en vue dont le président s’est une fois de plus engagé au cours de son discours à l(occasion du 65 ème anniversaire de l’indépendance, à appliquer les résultats et les recommandations.

Bakari Gueye

 

 

 

 

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